VINGT-TROIS (La famille, un bonheur à construire)

mardi 13 septembre 2011
par  Alain Mattheeuws

VINGT-TROIS A., La famille, un bonheur à construire. Des couples interrogent l’archevêque de Paris, Paris, Parole et Silence, 2011, dans NRT 133/n°3 (2011) 491-492.

Dans le cadre d’une année consacrée à la jeunesse et à la famille dans son diocèse, l’archevêque de Paris a rencontré trois couples d’âges et de situations différentes. Sans se connaître, ils ont posé les questions qui les préoccupaient. Questions et réponses ont été structurées selon quelques grandes thématiques par J. Duchesne. Les questions sont riches et pertinentes. Ce qui frappe dans les réponses, c’est le ton réaliste et pastoral de l’a. : une sagesse de vie est transmise sans lyrisme, avec bonté, mais avec une force et une vigueur sans failles. Oui, l’Eglise a le droit et le devoir de parler de la famille (I). L’amour humain, malgré ses formes diverses, est « un » : il est vocation dans le mariage et dans le plan de Dieu (II et III). La question de l’accueil de l’enfant ne peut être esquivée malgré les difficultés, tentations et drames (stérilité) qui l’accompagnent (IV). L’éducation des enfants est une tâche qui est propre à la famille mais qui la dépasse puisque d’autres acteurs doivent intervenir (V). Le chapitre VI est plus explicitement pastoral et souligne les enjeux de la transmission de la foi : parler de Dieu, prier ensemble, aller au catéchisme et mener une vie chrétienne, être fidèle à l’eucharistie en respectant tous les membres de la famille. La famille n’est ni « monoparentale » ni « nucléaire » : elle est plus large et intergénérationnelle (VII) : que de joies, de soucis et de responsabilités nouvelles évoquées pour nous indiquer comment la « famille » est une parabole de notre filiation commune. L’unique Père du ciel connaît et aime chacun de ses enfants par son nom. La famille au sein de la société contemporaine (VIII) doit y vivre sans complexes, sans replis sur soi, sans se construire de manière illusoire à côté des réalités, mais sans illusion sur certaines valeurs du monde. Etre dans le monde sans être du monde !
Un tel livre ne peut se résumer : il sera lu avec profit par tous les chrétiens qui découvriront des enjeux décisifs de leurs vies. Ils noteront l’insistance de l’auteur sur l’importance de la Parole de Dieu et le témoignage incontournable de cette cellule d’Eglise dans le rapport Eglise-Monde. Le fondement de tout « bonheur à construire » n’est-il pas aussi dans la liberté chrétienne qui discerne ce qui est bon et nécessaire à faire ? Dans le rapport délicat entre « la nature et la grâce », on trouvera régulièrement le vocabulaire et la description de la tâche naturelle de l’homme. Le bon sens, la bonne volonté, la libre décision pour soi et ceux qu’on aime ne sont-ils pas à la racine de tout agir humain, même dans des situations conjugales délicates ? La grâce élève la nature, mais ne la remplace pas ! Par ailleurs, tout ce que l’homme « construit » librement et qui est « bon et beau » est aussi déjà de l’ordre de la grâce. Ainsi le Christ et son Eglise sont-ils toujours présents à la famille. Ils sont proches de toute initiative en son sein et ils pourvoient à toute faiblesse. Le bonheur n’est pas qu’un désir ou un souci : il est une grâce à accueillir librement !

A. Mattheeuws s.J.