BERCEVILLE G., (Marcel Van ou l’infinie pauvreté de l’Amour)

mardi 13 septembre 2011
par  Alain Mattheeuws

BERCEVILLE G., Marcel Van ou l’infinie pauvreté de l’Amour, Paris, éditions de l’Emmanuel/ Les amis de Van, 2009, 197p., dans NRT 133/n°3 (2011) 501.

Plus de cinquante ans après sa mort, la figure de ce jeune vietnamien, par ailleurs peu connu encore au Vietnam, acquiert une force et une lumière de plus en plus prégnante dans la culture francophone. Ce livre est un trésor qui nous permet d’entrer dans une vraie connaissance du milieu culturel, des réactions propres de ce jeune, et des vérités spirituelles qui ont animé sa vie et qui nous touchent aujourd’hui. La sainteté est-elle pour tous ? En lisant les écrits de Marcel Van lui-même : son autobiographie, ses colloques avec Jésus et sainte Thérèse, sa correspondance, le lecteur sera saisi par la grâce divine qui traverse toute histoire humaine. Suivant la voie d’enfance de Thérèse, Marcel prend une libre décision : celle de « tout transformer en joie ». Cette décision, dans le contexte historique qui est le sien, l’identifie à la passion du Christ et lui permet de faire de sa vie de religieux rédemptoriste un « sacrifice d’agréable odeur » : une véritable participation à l’acte rédempteur du Christ. « Je suis un petit rédempteur » dit-il dans l’un de ses poèmes. Ecrit de manière alerte et joyeuse par un dominicain, docteur en théologie, ce livre n’est ni léger ni dévotionnel : il nous place de manière abrupte devant la radicalité d’une vie souvent brisée, cassée, sans fécondité apparente, mais ô combien emplie d’une présence divine et de ses saints. Cette « infinie pauvreté de l’Amour » vient à notre rencontre et fait du bien autant à l’intelligence qu’au cœur humain. Le style enfantin des écrits de Marcel est interprété d’une manière théologale. L’auteur développe avec profondeur les harmoniques spirituelles de cette vie : elles nous font pressentir tour à tour la « gravité » de l’histoire humaine, l’originalité des charismes religieux divers, la foi d’un peuple et l’amour intérieur dont vit Marcel Van. Ce récit nous mène vers un approfondissement de ce bien pour tous qu’est la sainteté. Comme le souligne avec chaleur la préface de J. Mimeault, C.Ss.R : « les saints, en effet, sont un bien de l’Eglise ».

P. Alain Mattheeuws s.J.