libres pour dire "oui" et pour aimer

samedi 22 octobre 2011
par  Alain Mattheeuws

Enseignement du 16 octobre 2011 (Jn 1,35-51) à la Maison des Familles

Jn 1, 35 51 : « 35 Le lendemain, Jean se tenait là, de nouveau, avec deux de ses disciples. 36 Regardant Jésus qui passait, il dit : “Voici l’agneau de Dieu.” 37 Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus. 38 Jésus se retourna et, voyant qu’ils le suivaient, leur dit : “Que cherchez-vous ?” Ils lui dirent : “Rabbi – ce qui veut dire Maître –, où demeures-tu ?” 39 Il leur dit : “Venez et voyez.” Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure. 40 André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et suivi Jésus. 41 Il rencontre en premier lieu son frère Simon et lui dit : “Nous avons trouvé le Messie” – ce qui veut dire Christ. 42 Il l’amena à Jésus. Jésus le regarda et dit : “Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t’appelleras Képhas” – ce qui veut dire Pierre. 43 Le lendemain, Jésus résolut de partir pour la Galilée ; il rencontre Philippe et lui dit : “Suis-moi !” 44 Philippe était de Bethsaïde, la ville d’André et de Pierre. 45 Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : “Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l’avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth.” 46 Nathanaël lui dit : “De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?” Philippe lui dit : “Viens et vois.” 47 Jésus vit Nathanaël venir vers lui et il dit de lui : “Voici vraiment un Israélite sans détours.” 48 Nathanaël lui dit : “D’où me connais-tu ?” Jésus lui répondit : “Avant que Philippe t’appelât, quant tu étais sous le figuier, je t’ai vu.” 49 Nathanaël reprit : “Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël.” 50 Jésus lui répondit : “Parce que je t’ai dit : Je t’ai vu sous le figuier, tu crois ! Tu verras mieux encore.” 51 Et il lui dit : “En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme.” Les noces de Cana ».

Ce texte est précédé du témoignage de Jean-Baptiste dont la mission est bien décrite au début du même chapitre. Dans la vie publique, il est la personne la plus proche de Jésus, le dernier des prophètes de l’ancien Testament avant la venue du Messie. Il est celui qui va désigner dans la foule « celui que le peuple d’Israël » attendait. Son attitude est liée à la délicatesse spirituelle de sa personne (humilité : « il faut qu’il grandisse et que je diminue ! ») mais aussi à la perception de sa mission. Il est bien conscient qu’il n’est pas le Prophète et il le dit aux personnes qui viennent le voir, à ses propres disciples.
Il est la voix. Il fait signe. Il prépare le chemin. Il baptise dans l’eau comme signe de pénitence et de conversion. Ceux qui sont venus le voir n’auront pas perdu leur temps : ils auront appris ce qu’est l’attente. Voir Jean-Baptiste, c’est voir celui qui prépare les voies du Seigneur. Trouver des Jean-Baptiste dans nos vies, c’est trouver des personnes qui ont une assurance sur le salut présent dans l’histoire. La mission de Jean-Baptiste, celle de ses disciples, c’est de signaler une présence : « voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Etre comme Jean-Baptiste, c’est s’effacer devant Celui qui vient et qui baptise dans l’Esprit saint. On le voit : sa personne et sa mission supposent l’humilité, l’assurance d’une vérité vue et reconnue, un amour qui fait passer l’autre avant soi, une véritable charité qui montre le Christ, un discernement qui éclaire : « Regardant Jésus qui passait, il dit : “Voici l’agneau de Dieu.” » (Jn 1, 36).
Notre récit d’aujourd’hui s’enracine dans cette parole de Jean-Baptiste. Il indique à ses disciples ce qu’il a « vu » en la personne de Jésus. Les yeux de la foi ouvrent un horizon : un espace et un temps où il faut chercher. Ses yeux de la foi sont aussi les yeux de l’amour. Tout comme dans le sentiment amoureux qui s’approfondit, l’homme et la femme sont invités à se reconnaître, à se connaître en vérité pour ce qu’ils sont : des fils et filles de Dieu. Sont-ils faits l’un pour l’autre ? Cette rencontre, comme toute rencontre, est-elle la bonne ? Il n’y a pas de réponse sans des pas à faire, sans une route à parcourir, sans un engagement de la liberté vers la part du mystère de l’autre, sans des signes à reconnaître, sans des témoins qui nous livrent leurs discernements. Ce qui est vrai pour le Messie, est vrai pour toute relation humaine : pour toute décision engageant une vie, pour toute vocation.
Les disciples de Jean-Baptiste lui font confiance et ils « suivent » Jésus. Ils marchent derrière lui, à sa suite. C’est Jésus qui alors se retourne et, les voyants en marche, leur adresse la parole. Cette première manière de rencontrer le Christ est significative. L’homme est libre. Sa liberté doit l’engager à chercher la source de l’amour. Se mettre en route, c’est déjà « voir » quelqu’un (même de dos !), s’ouvrir à une présence, quitter son monde pour entrer dans un autre monde, dans une aventure dont nous ne maîtrisons pas tous les paramètres. Le cœur des disciples est rempli de confiance : par leur confiance, ils se dirigent vers « la personne adéquate ». Et si Jésus leur parle, c’est pour les questionner sur leurs motivations profondes : « Qui, que cherchez-vous ? » Au ton de la voix, au regard peut-être, les disciples nomment déjà leur interlocuteur, le reconnaissent pour une part : « Rabbi, Maître où demeures-tu ? » C’est une question concrète. Nous avons tous besoin de situer dans l’espace et dans le temps notre soif de vérité, notre attente de l’amour. Quelle est la demeure du Rabbi ? Où se dirige, ou bien d’où vient ce Jésus ? Quel est son lieu ? Car si nous désirons mieux le connaître et l’aimer, il nous faut savoir où il demeure.

L’amour est toujours concret, incarné, proche du corps d’autrui, là où il marche, là où il se dirige, là où il mange, là où il dort. La demeure est le lieu des liens personnels, des autres relations familiales que nous ne connaissons pas au début de nos rencontres. La demeure pour le Christ, ce sont les « siens ». Une allusion est faite au prologue de saint Jean : il est venu habiter parmi les siens et ceux-ci ne l’ont pas reconnu. Demeurer avec le Christ, c’est l’accueillir puis entrer dans une relation avec Lui, dans les relations aussi qu’il tisse avec les siens, avec tous les hommes. Le verbe « demeurer » suggère une permanence, une stabilité, mais paradoxalement, Jésus répond à cette question par une ouverture indéterminée, infinie : « Venez et vous verrez ». Ainsi ces deux verbes répondent-ils à la question de la demeure : venir et voir. Suivre le Christ et le voir de près dans ses faits et gestes.

« Venez et vous verrez » : la réponse du Christ ouvre un champ à la liberté. Elle ne précise pas une définition, n’enferme pas dans un seul lieu, dans une seule décision. Elle centre les disciples sur une relation vivante et dynamique : la suite du Christ. Ce n’est pas une réponse floue ou ambiguë, mais centrée sur la personne du Christ. Toutes nos questions et nos réponses sont inscrites dans le mystère de cet homme (« Voici l’homme ») : il nous reste à le suivre et à déchiffrer par nos forces,- celles de notre intelligence, de notre volonté, de notre mémoire -, ce que nous dit la personne du Christ. Il est la « Parole » par excellence, le Verbe de Dieu, la vie de notre vie. En Lui nous trouvons ce que nous cherchons et librement nous pouvons élaborer et construire le sens de notre vie. Notons la confiance des disciples, la manière dont librement ils passent la journée avec le Christ. Le conseil de Jean-Baptiste est suivi et porte du fruit.
Quand nous parlons de foi, il nous faut penser au mot « confiance ». Ces termes ont même racine. Quelle est la confiance qui anime nos décisions, nos propres paroles, nos gestes ? Comment nous laissons librement entraîner par celui qui est le chemin, la vérité et la vie ? Foi et confiance sont des attitudes de disciples, des attitudes également de ceux qui s’aiment, qui se découvrent l’un l’autre, qui marchent ensemble et se soutiennent mutuellement par exemple dans la vie conjugale et familiale. Ce mode de rencontre est éclairant pour une relation profonde entre nous et avec le Christ. Le reste du récit nous décrit d’autres tonalités de l’appel du Christ et de son respect de nos libertés.

Jean-Baptiste avait encouragé deux de ses disciples à suivre Jésus. Désormais, le témoignage va passer ainsi de personne à personne, comme une bonne parole : un évangile. Forts de leur expérience, les disciples vont la partager et s’appeler mutuellement. Puisque Jésus a été comme « dévoilé » en son identité, les disciples aussi vont se dévoiler en sa présence, et face à Lui, surtout, face à son regard et dans sa parole. La liberté humaine est toujours convoquée à partir de ce qu’elle n’est pas : un événement extérieur, un objet, un corps, une personne. L’extériorité peut être un passage, un premier pas, une étape pour l’apprentissage d’une liberté. Mais il faut aller plus loin. Bien sûr, dire « oui », c’est entrer intérieurement dans une communion personnelle avec Dieu et avec les autres. S’engager librement, c’est acquiescer de tout son être, de toute sa personne. Dans ces divers appels de l’évangile, la parole est importante : elle dit l’enjeu de la décision à prendre. « Nous avons trouvé le messie », dit André à son frère Simon. Souvent, une parole précède nos décisions libres. Elle les éclaire. Entre la parole et la compréhension de celle-ci, il y a parfois des temps de latence, d’incompréhensions, d’éclaircissements. Ici, le disciple convie son frère : « Viens et tu verras ». Et Simon se met donc en marche vers Jésus. Et ce dernier prend encore l’initiative : un regard et une parole. Le regard est une parole du corps : il dit toujours quelque chose d’important dans la relation interpersonnelle. N’est-il pas déjà une parole pour ceux qui s’aiment, sont appelés à s’aimer, qui entrent en communion interpersonnelle ? C’est ce qui se passe entre Jésus et Pierre. Mais cette rencontre va plus en profondeur. Comme si Simon acquiesçait subitement au cœur de la rencontre. Et Jésus sans détour change son nom : c.à.d. pour un juif lui fixe une mission, lui dit son identité par rapport à Lui et par rapport à ses frères. Simon reste Simon. Il est encore toujours inscrit dans ses liens fraternels et amicaux, mais Jésus détermine son « oui », son acquiescement de disciple en le nommant « Pierre ». Ainsi toute liberté qui s’offre, s’ouvre à une gratuité inconnue, à une reconnaissance imprévue d’un autre, de l’Autre par excellence qu’est Dieu. Si nous cherchons à évaluer le poids de la spontanéité humaine dans l’acte libre, il nous faut considérer à la fois ce que chaque homme avec sa sensibilité et son histoire « fait » à partir de son propre « fond » mais aussi ce que la grâce, l’intervention divine suscite dans le cœur, éveille de nouveau et de créatif dans celui qui se sent interpellé, appelé.
Et Jésus continue à appeler. C’est Lui qui fait le premier pas, qui interpelle ceux qu’il rencontre dans ce chapitre : ce ne sont pas de longs discours, mais des paroles brèves, claires. Il convoque la liberté de ceux qui viennent à Lui. En amour, nous pensons souvent qu’il nous faut maîtriser tous les paramètres de nos décisions, de nos sentiments. Au contraire, en amour, la liberté est « appelée » à consentir : elle décide vraiment, mais pas à partir d’un vide, d’un virtuel, d’un « possible », mais toujours à partir d’une personne concrète. Ce caractère abrupt de l’appel « Suis-moi » ne déroute d’ailleurs pas Philippe. Parfois, la clarté d’une interpellation, d’une parole sur la vérité de nos sentiments, permet de les clarifier, de nous mettre en route, de prendre une vraie décision. L’effet de cette parole de Jésus est décrit par l’évangéliste sous forme d’un témoignage : « Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : “Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l’avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth.” » (Jn 1, 45). Ce témoignage va à l’essentiel. Il dit ce que croit et pense Philippe. La réponse de Nathanaël quant à elle nous montre dans un premier moment ses réticences : il n’est certainement pas subjugué, fasciné, envouté. Il est dans les méandres de son argumentation et de sa connaissance de l’histoire de son peuple. Il exerce sa liberté. Mais il consent à la démarche de vérité : « Viens et vois ». C’est toujours la même logique : poser un acte pour mieux le comprendre, poser un acte pour entrer dans une vérité plus grande. Cette logique de la vérité est essentielle : elle informe le consentement matrimonial. Durant la liturgie sacramentelle du mariage, les questions qui le précédent ne sont pas un examen, mais un acte liturgique et une expression de la matière de la liberté. Mais le consentement, s’il dit « tout » d’un don total, ne dit pas toute l’histoire des nouveaux époux. C’est dans le « venir l’un vers l’autre », dans le regard d’amour l’un sur l’autre, dans la permanence de l’action des deux verbes « venir et voir » que les époux découvriront toute l’ampleur de l’amour qui les unit.
Dans ce passage de l’évangile, le dialogue avec Nathanaël est le plus long. Il éclaire les traits principaux de l’appel du Christ à ses disciples. Ils nous offrent les traits d’une liberté appelée par le Fils de Dieu. Jésus est bien le « Maître de l’histoire » mais il respecte les médiations de l’histoire humaine : nos libertés s’expriment en nos corps, en nos paroles, dans les délibérations de notre conscience.
Nathanaël signifie « Dieu donne » ou « donné par Dieu ». Comme toute créature, Nathanaël est un vrai sujet, libre, donné à lui-même. Il n’est pas le jouet des événements : il est d’ailleurs un fils d’Israël et il en est fier. Et Jésus le souligne en lui parlant : « voici un vrai israélite, sans artifice ». Un homme droit. Jésus suscite en Nathanaël la mémoire d’Israël et particulièrement l’épisode de Jacob qui avait trompé son frère, Jacob ou l’homme de la ruse. Étonnement de Nathanaël de se voir ainsi « qualifié » par un inconnu, enveloppé à nouveau par un regard personnel. « D’où me connais-tu » ? Question normale. Question souvent de défense de la personne surprise dans son intériorité. Question de surprise dans toute relation humaine : comment et pourquoi un autre peut-il à la fois me connaître sans que je le veuille, ou me connaître mieux que moi-même, ou connaître et me révéler des aspects de ma personne que je ne mesurais pas ? N’est-ce pas l’enjeu de tout dialogue de liberté : un dévoilement et une révélation. En m’offrant à l’autre, je dis qui je suis et en même temps il m’est révélé qui je suis. Cette œuvre de vérité n’est juste que dans l’amour. Ce travail, le Christ le fait toujours. Quant à nous, nous peinons parfois à le faire ou à bien le faire. Dans l’amour, nos libertés sont sauvées par celle du Christ et nous parvenons à cet échange de communion. Jésus dit clairement que sa connaissance de Nathanaël précède sa rencontre. Non seulement parce qu’il est le Fils de Dieu, mais aussi par ce qu’est Nathanaël et sa manière de vivre. La connaissance du Christ est une connaissance d’amour qui laisse chacun à sa liberté et à sa vérité. Dans notre cas, par son regard, le Christ « a vu Nathanaël » sous le figuier. Phrase symbolique qui ouvre à une connaissance personnelle : le figuier est le symbole de la Loi, du don de la Loi par Dieu à son peuple. En vivant dans et sous la Loi, comme un bon fils d’Israël, Nathanaël était connu de Dieu. La conscience droite, la liberté qui fait le bien, est déjà en Dieu, connue de Dieu.
Cette affirmation d’une connaissance intérieure, antérieure, personnelle de sa personne confond et touche le cœur de Nathanaël. Une telle connaissance d’amour, respectueuse de la personne, éveille la confiance. Une telle affirmation suscite la liberté à l’acte de foi. Dès lors, avec trois titres de référence de l’Ecriture, Nathanaël reconnaît la vérité de la personne de Jésus : le Rabbi qu’il rencontre est bien le fils de Dieu et le roi d’Israël. Nathanaël parvient ainsi à la connaissance que Jésus a de lui et il est éclairé sur lui-même et sur son interlocuteur. C’est par cette connaissance qu’il accède librement à la foi. Cette foi éclaire aussi sa connaissance. Cette foi qui le fait parler est forte. Jésus lui indique cependant qu’elle aura une histoire et qu’un chemin l’attend. Par la foi, la liberté reste entière. Elle est et sera toujours en chemin : « Tu verras des choses bien plus grandes ». Et l’affirmation solennelle de retentir : « Et il lui dit : “En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme » (Jn 1, 51). Ces anges qui montent et qui descendent nous rappellent le songe de Jacob en Gn 28,12 : ce Jacob qui lui aussi a vu son nom être changé en Israël.

Que le ciel soit ouvert et qu’un lien existe entre le ciel et la terre donnent toutes les dimensions de l’appel du Christ, de la mission des disciples et par là des enjeux de notre liberté. Quand l’homme dit « oui » sur la terre, son « oui » a une dimension éternelle et donc décisive. Les fruits de la liberté humaine transcendent le temps et l’espace. Il n’y a rien de plus beau ni de plus grand qu’un « oui » conscient et aimant de l’homme face à un appel de Dieu. Et l’appel de Dieu est toujours à aimer, dans toutes les situations, dans tous les états de vie. Dans la relation conjugale, Dieu convoque l’homme et la femme à vivre une communion d’amour qui reflète son amour dans l’histoire concrète d’un peuple.

Une conclusion sous forme de synthèse

1. Toute liberté humaine est précédée par celle de Dieu, dans l’histoire également depuis l’Incarnation du Verbe.
2. La liberté humaine a des moments : des étapes : elle est en route. Elle fait route avec d’autres personnes et avec le Christ. « Viens et suis-moi » : dans l’action, la liberté se trouve également.
3. La liberté est fortifiée dans l’amour perçu, dans le regard qui fait « être personne » aux yeux de tous. La liberté grandit par la parole échangée. Elle s’ouvre clairement à une décision dans une parole d’acquiescement. Dire « oui », c’est aussi grandir en liberté.
4. La rencontre de Jésus nous permet de le connaître mais aussi de nous connaître. Quand Jésus se dévoile à nous, il nous révèle à nous-mêmes et nous permet de nous dévoiler en vérité à autrui.
5. La connaissance que le Christ a de nous est une connaissance d’amour : elle nous enveloppe, elle nous interpelle, elle nous fait grandir en liberté. Cette connaissance nous précède toujours.
6. La liberté chrétienne n’est pas face au vide, ni à des multiples possibles. Plus profondément, elle est toujours convoquée au consentement : dire « oui » à la volonté aimante de Dieu.