CANTALAMESSA R., L’anima di ogni sacerdozio

samedi 28 janvier 2012
par  Alain Mattheeuws

CANTALAMESSA R., L’anima di ogni sacerdozio, Milano, Ancora, 2010, 125 p., dans NRT 133/n°3 (2011) 502-503.

Ce livre, en résonance avec l’année sacerdotale, se compose des méditations offertes à la Maison Pontificale en présence de Benoît XVI durant l’Avent 2009 et le Carême 2010. L’objectif de l’auteur n’est pas de faire une « nouvelle synthèse » doctrinale ou d’offrir des profils idéaux de prêtres, mais son souhait est de toucher les cœurs profonds, ceux des prêtres qui le lisent et des chrétiens désireux de comprendre la présence et la mission du sacerdoce au sein de l’Eglise. On retrouve avec joie le style dynamique et l’enracinement original de sa prédication.
En son fondement, les prêtres sont des « serviteurs et amis de Jésus Christ » (I). Cette intimité est l’âme de leur vie consacrée aux saints mystères. Ainsi l’onction de l’Esprit est-elle décisive pour les consacrer et leur permettre de « diffuser le bon parfum » du Christ (II). Mêlant toujours des textes des Pères à ceux du Magistère, l’auteur transmet également avec netteté et discrétion quelques éléments de son expérience personnelle. Sans l’Esprit, la vie du prêtre est sans relief : elle rejoint certains actes des cultes païens. Les prêtres sont les ministres d’une alliance nouvelle (III) où la conjonction de la « lettre et de l’Esprit » est source de vie éternelle dans le temps. Un chapitre succinct mais instructif (IV) nous ouvre le champ de la parole pour les prêtres. Prêcher le Seigneur Jésus Christ, c’est discerner en vérité que dire, pourquoi le dire, et qui est le prédicateur au fond des cœurs. N’est-ce pas l’amour du Christ qui pousse à « dire » et à « servir » la Parole qu’il est ?
L’offrande du Christ est à la fois la nouveauté de son sacerdoce (V) et mesure l’appel à faire de même de générations en générations pour les prêtres qui font « ceci » en mémoire de « Lui ». Le corps et le sang de l’unique grand-prêtre sont les « creusets » de toute imitation, de toute offrande, de tout service. A cette lumière eucharistique, le sacerdoce ministériel se voit lié intrinsèquement au sacerdoce universel des fidèles. Humble serviteur de ce corps vivant, le prêtre est appelé à tout faire, dans l’obéissance, sous la motion de l’Esprit. La crise du sacerdoce et la nécessaire conversion de tous sont abordées (VI) de manière scripturaire, en commentant certains passages de l’apocalypse : cet angle de vue, apparemment moins concret, est néanmoins suggestif car il souligne en vérité, par la parole de Dieu, les reproches profonds que Dieu pourrait faire à ses serviteurs, l’aide qu’il est prêt à leur accorder, et la profondeur du renouveau attendu. « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ». Telle est la miséricorde de Dieu envers son Eglise et ses ministères. La mission du prêtre est éclairée aussi par la figure de Marie : ce thème appartient à certains courants de la Tradition. L’acte de foi est le point commun radical de ces figures ecclésiales (VII). Le dernier chapitre VIII est une heureuse conclusion et nous transmet ce qui a été prêché le vendredi saint de 2010 : sur la croix, comme dans la théologie de l’épître aux Hébreux, est exposé le seul et unique « grand-prêtre » qui nous sauve et nous dit à travers les siècles la bonté de tout don de soi pour autrui. Sans l’amour qui va jusqu’au bout, aucun acte humain ni aucune institution ecclésiale ne peuvent porter le fruit que Dieu et les hommes en attendent.

A. MATTHEEUWS s.J.