YOU François, D’alliance en alliance, Dieu se donne. A l’écoute de la pédagogie divine

vendredi 11 octobre 2013
par  Alain Mattheeuws

YOU François, D’alliance en alliance, Dieu se donne. A l’écoute de la pédagogie divine, Paris, Médiaspaul, 2012, 13 X 20, 247 p.

YOU Fr., D’alliance en alliance Dieu se donne. A l’écoute de la pédagogie divine. Paris, Médiaspaul, 2012, 13 x 20, 247 p., dans NRT 135/n°4 (2013) 653-654.

« Partage fraternel », ce livre se mesure cependant à l’aune d’une des thématiques les plus fondamentales des Ecritures : celle de l’Alliance. D’une lectio divina en référence avec de nombreux Pères de l’Eglise il nous conduit à des pages consacrées à l’Alliance nouvelle dans l’Evangile et dans l’Eglise. La place privilégiée de l’Eglise et de Marie (6 et 7) est soulignée fort à propos et donne une tonalité catéchétique à l’ensemble du parcours. Cette lectio est celle non pas d’un exégète de métier, mais d’un homme habitué à commenter la Parole de Dieu pour ses frères et particulièrement ses contemporains : le moine n’est-il pas à l’écoute des peines et des joies du monde qu’il a quitté ?
La Création (1) est la première alliance : elle est vie, elle est ce lien entre « l’homme et la femme ». Elle a été blessée et nous en souffrons encore. Abraham est le père des croyants : situé en alliance et au sein d’une promesse, il ouvre l’histoire des croyants (2). Moïse fait lui aussi la rencontre avec le « Je suis » dans le buisson ardent : sa mission commence (3). Elle le mène d’Egypte au Sinaï (Ex. 24). Le don de la Loi est le sceau d’une alliance pour des hommes libres. Mais les infidélités ne manquent pas dans l’histoire du Peuple élu, qui est la nôtre. Il nous faut des prophètes pour annoncer une nouveauté (4). Cette loi nouvelle promise se réalise en Jésus (4) : dans l’acte prophétique du don de lui-même (la Cène) et dans sa mort et sa résurrection qui nous offre l’Esprit comme dernier « don » dans l’histoire du salut. Mais comment situer ces alliances sinon, comme le fait l’auteur, en jetant un regard d’ensemble sur celles-ci : un regard d’unité dans lequel le sens tropologique de l’Ecriture et l’expérience spirituelle transparaissent pour le bonheur du lecteur ? Une vision globale est développée en (5). Elle témoigne de la bienveillance de Dieu, de la difficile fidélité de son Peuple, de la « gradualité » de la réalisation de l’alliance dans l’histoire. L’homme est libre pour répondre à Dieu, pour vivre une double tonalité de l’alliance : celle de la nuptialité et celle de la filiation. Ainsi tissée, les thèmes s’enrichissent pour révéler les enjeux de la vie d’un homme. L’alliance parfaite est accomplie en Jésus : il nous donne d’en vivre car il est l’unique Médiateur, par son Esprit.

Le temps de l’Eglise déploie les harmoniques de l’alliance car elle est le corps du Christ qui se dit et se vit dans le septénaire (6). Nous retrouvons les enjeux de cette nuptialité et de cette filiation dans l’économie sacramentaire telle qu’elle a été revisitée lors du dernier Concile Vatican II. Et s’il fallait un témoin parfait de cette option théologique, l’auteur nous le montre dans la figure de Marie (7). Il le fait en parlant à nouveau l’Ecriture : ce qui permet à chacun de se situer dans l’élection de cette fille d’Israël.

A. Mattheeuws s.J.