POIRIER Ch., Guérison et combat spirituel. Petit traité des pathologies de l’âme, Paris, Salvator, 2011, 140 p.

vendredi 11 octobre 2013
par  Alain Mattheeuws

POIRIER Ch., Guérison et combat spirituel. Petit traité des pathologies de l’âme, Paris, Salvator, 2011, 140 p.

POIRIER Ch., Guérison et combat spirituel. Petit traité des pathologies de l’âme, Paris, Salvator, 2011, 140 p.

Ce livre nous invite à choisir la vie : à accueillir celle que le Christ est venue nous offrir en abondance. Mais ce choix de vie n’est pas sans combat. Les deux premiers chapitres explicitent sous la forme de questions-réponses les options de l’A. sur le combat spirituel, la connaissance de soi, le discernement des esprits. Les réalités des maladies de l’âme, des remèdes et des armes de lumière sont introduites et articulées avec les notions de tentations, de pensées obsessionnelles et les péchés capitaux (7 ou 8 selon les traditions occidentale ou orientale). Le chapitre 3 est un petit traité des pathologies de l’âme : gourmandise, luxure, avarice, colère… La présentation est fort pédagogique : elle cerne la « pathologie », décrit ses conséquences, montre un chemin de lumière : nécessité du salut et perspectives de guérison. La lecture de l’ensemble aide certainement le lecteur à mieux se connaître et à prendre conscience du travail à opérer dans sa vie.
A la racine de ces pathologies, l’A. offre une réflexion originale sur la philautia ou manifestation d’un cœur égoïste (2 Tim 3,15). « C’est d’un cœur malade que procèdent tous les maux » (p.36). La philautia « est l’expression d’un amour désordonné. Cet amour est foncièrement égocentrique, tourné, replié sur soi. (…) désordonné, cet amour n’a plus Dieu pour source » (p.36-37). Cet amour orgueilleux « constitue le péché originel, c’est pourquoi la philautia est présente à chacune des maladies spirituelles, elle en est la mère. Elle nourrit et maintient en nous la division contractée par le péché originel » (p.39). La guérison passe par l’action de grâce, l’éducation du cœur et de l’intelligence pour que la volonté soit « en ordre » en face de Dieu, de soi, des autres.
Dans un contexte complexe où les spiritualités et les sciences humaines se confondent le plus souvent depuis quelques années, la visée de l’A. reste plutôt théologale. Tout comme il existe des maladies du corps, il existe pour l’âme des pathologies dont il faut prendre soin et connaissance. « L’homme nouveau, c’est l’accomplissement de la nouvelle création que réalisent le Christ et l’Esprit en chacun » (p.134). S’ouvrir à son action, décisive dès notre baptême, est le défi d’une vie spirituelle qui tend vers le Père et recherche le salut du monde. Suivons son conseil : « ces remèdes t’aideront à assainir et embellir ton jardin intérieur. Tu les mettras en œuvre avec zèle, en veillant à ne pas tomber dans le volontarisme, mais animé par l’Amour qui est le Don, l’Esprit Saint. Il est le grand Artiste, le Maître intérieur. L’embellissement du jardin de ton âme s’accompagnera de la purification des sens intérieurs » (p.134).

Alain Mattheeuws s.J.