BARBARIN Ph. Cardinal, Adoration et eucharistie. Dans l’espérance du Royaume

mercredi 15 octobre 2014
par  Alain Mattheeuws

BARBARIN Ph. Cardinal, Adoration et eucharistie. Dans l’espérance du Royaume, éd. des Béatitudes, 2011, dans NRT 134/4 (2012) 679-680.

Dans la collection des « petits traités spirituels », ce livre est plein de vie tant dans la forme que dans le contenu. L’auteur est connu pour la vivacité de ses propos et l’audace de ses images. L’enseignement est riche et harmonieux. Le traité unifie fort heureusement l’adoration comme source d’amour et le sacrement de l’eucharistie, source d’espérance. Pour l’adoration, l’auteur élargit sa réflexion sur les « fondements », sur l’attitude fondamentale (Mon Seigneur, mon Dieu, mon Maître), nous propose des modèles et relie cette adoration aux dix paroles de vie. Par là, il souligne les racines de l’adoration et pas seulement un rite ou un mode de prier. Nous savons que l’adoration du saint sacrement est typique du rite catholique romain et ne se retrouve pas dans d’autres rites. Mais l’esprit et l’attitude d’adoration appartiennent à l’identité catholique. Un discernement est aussi offert : éviter l’excès d’épanchement affectif et la recherche de l’efficacité. Voilà qui pourrait éclairer certaines marques d’idolâtrie de ce mode de prier dans des situations pastorales nouvelles.
Ne jamais promouvoir l’adoration sans son lien avec l’eucharistie, disaient les intervenants au synode sur l’eucharistie en 2005. Ainsi le Cardinal insiste-t-il sur le chemin de notre « configuration » au Christ dans l’histoire. Cette configuration s’opère dans l’acte du Christ tel qu’il est représenté par le visage Transfiguré du Christ dans le pain eucharistique. Le symbolisme du sang est malheureusement peu explicité, mais la construction du Royaume en ce monde, uni à l’éternité de Dieu est fort bien rendu. Dans chaque eucharistie, nous nous préparons à une ascension « par Lui, avec Lui et en Lui » et nous rejoignons la louange des anges. L’économie sacramentelle est ainsi explicitée dans un bel équilibre entre l’Ecriture et la Tradition. L’intégration du rapport entre l’ancien et le nouveau Testament donne du relief et une « nouveauté » à cet enseignement à la fois classique et contemporain. Ce livre est à méditer et fait du bien au cœur et à l’intelligence.

Alain Mattheeuws s.J.