Jean Matos, Quand les ados jouent au sexe

samedi 9 septembre 2017
par  Alain Mattheeuws

MATOS Jean, Quand les ados jouent au sexe. Préface de Mgr. P. d’Ornellas, Paris, Médiaspaul, 2016 dans NRT 139 n°3 (2017) 496-497.

MATOS Jean, Quand les ados jouent au sexe. Préface de Mgr. P. d’Ornellas, Paris, Médiaspaul, 2016 dans NRT 139 n°3 (2017) 496-497.

L’auteur est chercheur et formateur en éthique médicale et en éducation affective, relationnelle et sexuelle. Ces titres indiquent déjà le large horizon de sa réflexion. C’est un homme de terrain : il intervient régulièrement dans l’Enseignement catholique. Après une brève conceptualisation qui met en évidence l’individualisme ambiant et le rôle des pouvoirs publics, l’auteur montre comment la sexualité est perçue de plus en plus comme un « jeu ». Ce jeu est réducteur et se vit dans l’immédiateté. Il a des règles et se construit à travers les expériences dans lesquelles les frontières deviennent floues. Le corps devient « normalisé ». Le jeu rituel « avec et dans » le sexe est une manière de banaliser le corps et les enjeux de liberté qu’il recèle. Bien sûr, ce jeu est désormais multi connecté : il comporte des risques pour l’intimité dès lors qu’elle s’exhibe dans le virtuel qui pourtant a aussi une certaine réalité, surtout pour les jeunes qui y vivent de plus en plus.
L’expérience et l’analyse offertes sont vraiment instructives, pour les parents, pour les éducateurs, pour les pasteurs. Les changements de style et d’expressions de la sexualité sont rapides et parfois un fossé d’ignorance sépare les adultes des jeunes. Des pistes sont nommées dans le dernier chapitre : elles visent toutes à rétablir une unité de la personne. Sans être moralisatrices, elles expriment des options anthropologiques. Le corps n’est-il pas le lieu d’un « don de soi » ? Face à l’énigme de la sexualité, il convient de restaurer une réelle confiance en soi et de chercher ce qui favorise l’intériorité. Une considération sur le regard est suggestive : elle conduit à la notion de pudeur. La mission incontournable de la famille comme lieu de l’intimité protégée aurait pu être plus développée. Des indications pratiques (ressources et outils) sont offertes et seront d’une bonne aide pédagogique en France (p.105-111).
A l’intérieur d’un déferlement des expressions de l’éros, l’espérance sous-tend toutes les paroles et les œuvres éducatives. L’espérance est au carrefour de l’amour pour que celui-ci se révèle dans sa condition essentielle : oblative en un corps personnel sexué. Comme l’exprime le préfacier, Mgr. P. d ’Ornellas : « la sexualité appartient à la condition humaine et en exprime la grande beauté et bonté » (p.9).

Alain Mattheeuws s.J.


Documents joints

Word - 11.9 ko
Word - 11.9 ko