SCHAUB-THOMAS A., Un cri secret d’enfant. Attachement mère-enfant, mémoires précoces, séparation-abandon

mardi 15 mai 2018
par  Alain Mattheeuws

SCHAUB-THOMAS A., Un cri secret d’enfant. Attachement mère-enfant, mémoires précoces, séparation-abandon, Préface M. Frydman, Paris, Les acteurs du savoir, 2017, 16 x 24, 306 p., dans NRT 140/2 (2018) 335-336.

SCHAUB-THOMAS A., Un cri secret d’enfant. Attachement mère-enfant, mémoires précoces, séparation-abandon, Préface M. Frydman, Paris, Les acteurs du savoir, 2017, 16 x 24, 306 p., dans NRT 140/2 (2018) 335-336.

Depuis plus de 20 ans, l’auteur travaille dans l’analyse et le traitement des mémoires prénatales blessées. Elle rencontre des traumatismes en lien avec la vie précoce et nous partage aujourd’hui les fruits de ses observations en les thématisant. Elle prend position avec des arguments de sa science face au grand défi actuel de la GPA.
Le lecteur lira avec intérêt la première partie qui développe les concepts de base (c.1) et décrit le lien Mère-Enfant au cours de cette période prénatale (c.2). La naissance est un moment clé de ce lien qui se distend et prend des dimensions nouvelles (c.3). Cette partie se termine en donnant heureusement les prémices favorables à un « attachement épanoui » (c.4). Les observations sont centrées sur la question des mémoires d’un bébé (c.5) et surtout sur le fait et les significations de ces attachements provisoires, sensoriels, anthropologiques. Cette partie nous introduit dans « l’âme » du tout-petit en gestation dans le sein de sa mère. Elle montre les liens « naturels » qui existent durant la grossesse. Il est clair que l’image que nous nous formons des tout-petits ne peut qu’être enrichie par ces réflexions et témoignages. Le « cri » est ce que dit tout enfant en croissance dans le corps de sa mère.
A cette lumière (partie 2), on comprend mieux la blessure que peut être la GPA pour tout enfant et pour la femme qui le porte au « nom d’une autre » (c.1). On constate les dissociations opérées par la séparation de naissance : dissociation charnelle, angoisse d’abandon, rupture de l’attachement, dissociation de patrimoine génétique (c.2). Le c.3 montre les troubles psychologiques possibles : ils sont nombreux, même si on peut supposer que la liberté humaine reste entière et que l’on espère que la « résilience » humaine ait plus d’envergure que ce que l’on voit ou pense (c.3 et c.4). Car s’il faut agir à la racine sur les causes négatives, les conditions d’avènement à l’existence de tout être humain n’ont jamais été parfaites et l’on ne peut pas protéger l’enfant embryonnaire de tout. Une vision plus profonde de la consistance du sujet et des résistances de l’être humain dans sa plasticité psychique devrait être approfondie. Elle susciterait, sans illusions, une espérance plus grande face à l’analyse des méfaits de ce qui est, par la GPA, un acte contre « la nature ». La troisième partie nous offre un aspect technique très utile, des questions diverses qui sont suscitées par la pratique de la GPA et un beau rappel de ce que l’on étudie de plus en plus : les troubles de l’attachement.
Ce livre permet à chacun de réfléchir plus en profondeur sur les enjeux du lien mère-Enfant et de mieux respecter ce temps privilégié qu’est pour toute femme, la « portée d’un enfant en son sein ».

Alain Mattheeuws s.J.



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