Homélie du 17 juin

Thursday 17 June 2021
by  Alain Mattheeuws

Homélie (17 juin) : 2 Co 11,1-11 ; Ps 110-111 ; Mt 6,7-15

Dans la première lecture, Pour Paul, la folie de la croix s’exprime dans la folie de son témoignage et de son désir d’évangéliser la communauté à laquelle il écrit : « je vous ai unis au seul Epoux : vous êtres la vierge pure que j’ai présentée au Christ ». C’est au nom de cette folie qu’il se permet aussi une remontrance ferme aux Corinthiens. Il n’y a qu’un seul Jésus : ce n’est pas celui que nous inventons ou dont nous colportons des visages nouveaux. C’est le Christ des apôtres et Paul revendique tous ses droits d’apôtres, même s’il n’a pas vécu et cheminé avec Jésus sur les chemins de Palestine. Il affirme la vérité de sa doctrine qui vient du Christ. La preuve tangible de son action et de ce qu’il affirme, est la gratuité de son ministère : « je n’ai été à charge de personne ». La folie de Paul se dit dans son langage « vert » et « direct ». S’il écrit quelques conseils et ordres, c’est aussi qu’il aime bien la communauté qu’il a engendrée. Qui aime bien, châtie bien. L’encouragement ici se dit dans un recadrage de cette communauté par une autorité légitime.
Dans l’évangile, il ne s’agit pas d’un recadrage, mais d’une ouverture du cœur filial de Jésus dans son dialogue avec ses disciples. Il nous donne les clés de la prière en nous centrant sur la sienne. Ce « notre père » que nous récitons souvent à la fin du colloque de notre prière personnelle et dans toute eucharistie, est composé de paroles personnelles : ce sont les mots même du Fils qui nous associe par cette prière à sa prière intime. Ainsi celui qui est le Verbe par excellence, le Logos, nous partage-t-il ses propres mots humains.
Cette prière est une prière racine : elle éclaire et mesure notre agir, et le fait ressembler à celui du Christ dans la remise des dettes, dans le pardon particulièrement, dans toute prière personnelle. Nous pouvons imiter le Christ et user de ses mots. Soulignons la première partie de ce que partage Jésus : « que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur terre comme au ciel ». Dans ces premières paroles, Jésus nous introduit dans la louange, dans la reconnaissance de qui est Dieu, dans la bonté de son nom et de sa volonté exprimée comme Créateur et sauveur. Entrons dans l’action de grâce comme nous le dit le psaume 110 : « de tout cœur je rendrai grâce au Seigneur, dans l’assemblée, parmi les justes ». Rendons grâce puisqu’avec les mots même du Fils de Dieu, nous pouvons dialoguer avec Dieu lui-même. Dieu n’est pas muet et il nous donne aussi de Lui parler. Nous sommes de simples créatures mais le lien est possible avec le Dieu Trois fois Saint. Dieu parle en son Fils, mais il nous écoute aussi en son Fils. Il nous suffit de nous glisser humblement et fermement et joyeusement dans la prière filiale de Jésus.