sel de la terre

mardi 7 juin 2022
par  Alain Mattheeuws

Homélie du 7 juin (1 R 17,1-16 ; Ps 4,2-8 ; Mt 5,13-16)
Admirons la confiance qui empreint la première lecture. Celle d’abord du Prophète Elie qui obéit au Seigneur. Dieu prend soin de lui et le mène en sécurité en ces temps de sécheresse et de famine. Dieu prend soin de ceux et de celles qui Le servent. Il ne les abandonne pas. Et cette confiance devient tangible dans l’accueil et les actes de la veuve de Sarepta. Elle est en pleine désolation matérielle : une question de vie et de mort se joue pour elle et son enfant. Et néanmoins elle obéit à l’homme de Dieu. Et le petit miracle s’accomplit. Il est bien rendu en français.
Jarre de farine point ne s’épuisera
Vase d’huile point ne se vider
Jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre.
Ce petit récit nous donne la preuve que Dieu est avec nous dans notre histoire. Il prend soin de son prophète. Il prend soin de cette étrangère et de son enfant. Sans cours circuiter toutes les lois de la nature, il nous indique que rien ne lui échappe : même la pluie. Et s’il faut un miracle d’abondance, il n’est pas avare de sa bonté. Nos petits et nos grands soucis : la continuité de notre vie est dans ses mains. Cela rejoint toutes les indications et le témoignage de nombreux saints. « Jésus, j’ai confiance en toi », disait sœur Faustine. « N’ayez pas peur », ou « la paix soit avec vous », répète Jésus ressuscité quand Il apparaît.
Cette confiance permet aux disciples du Christ de rester fidèles à leur mission et d’être témoins de l’événement pascal : de la puissance de Jésus sur la terre. Car par la grâce de notre baptême, nous sommes le « sel » de la terre et nous sommes « la lumière » pour le monde. Le sel est ce qui donne saveur à l’existence : il a une fonction bien spécifique. Nous dirions que le disciple de Jésus a une mission bien particulière à laquelle l’Esprit de Jésus nous rend attentifs. Il faut rester fidèle à cette mission et à cette condition spirituelle : rester du sel. Et la lumière aussi doit rester vive quelles que soient les conditions de vie. Souvent c’est parce que nous nous regardons trop nous-mêmes que nous restons sous le boisseau. La lumière ne cherche pas à briller. Elle est lumière : c’est sa nature. La honte et la confusion qui viennent parfois se mêler à notre vie de baptisé, viennent de l’oubli de l’origine de notre grâce ou la peur d’en subir les conséquences. Le Christ nous redit aujourd’hui : soyez vous-même à l’image et à la ressemblance du Fils unique, là où vous êtes.