Quel signe ?

samedi 15 octobre 2022
par  Alain Mattheeuws

Homélie du 10 octobre 2022 (Gal 4,22 à 5,1 ; Ps 112 ; Lc 11,29-32)

L’enjeu, nous dit saint Paul, de la venue de Dieu et de son action dans l’histoire d’Israël, est de nous faire comprendre ce qu’est la liberté humaine. D’abord en libérant les hébreux de leur esclavage et en leur permettant par les commandements de rester libres en les observant, ensuite pour Abraham de recevoir sa libération et d’exercer sa liberté avec Sara. La lignée de l’enfant de la femme stérile sera bénie. Ainsi Dieu libère les hommes, leur donne une capacité de rester libres, et ensuite par le Christ nous maintient dans la liberté : « C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés ». La liberté n’est pas un slogan, elle est un don du créateur et du sauveur pour chacun d’entre nous. La vraie richesse est cet ADN qui nous différencie de toutes les créatures.
Le psaume nous invite à louer le Seigneur pour notre condition humaine et d’entrer dans ce monde de gratuité et d’amour ouvert par la liberté des uns et des autres : car nous sommes libres pour aimer Dieu, pour l’honorer, pour le servir. Un esclave ne peut vivre et honorer Dieu et les autres librement.
Que faire de notre liberté, sinon reconnaître Dieu et ses actions en nous et autour de nous. Cette reconnaissance passe par l’essentiel : le Christ est-il bien le Fils de Dieu ? On comprend l’agacement de Jésus devant l’aveuglement de beaucoup de ses contemporains. Ils attendent, ils cherchent un signe et ne voient pas que le Christ est le signe par excellence. Probablement veulent-ils une preuve spectaculaire de la venue du Messie ? Leur désir d’un signe reste extérieur et ne rejoint pas la présence et l’enseignement de ce Jésus qui est avec eux. « Ils ont des yeux et ils ne voient pas, des oreilles et ils n’entendent pas ». Le signe de Jonas est à la fois extérieur et intérieur : il dit le passage de la vie à l’obscurité du ventre de la baleine et de cette obscurité à la mission de Jonas à Ninive. La conversion de Jonas lui donne la force d’annoncer la libération aux habitants de Ninive et l’accueil de leur conversion.
Le signe engage ceux et celles qui le voient et le reconnaissent. Le signe de la libération, c’est une personne qui le manifeste et à qui on fait confiance. Le signe de la présence du Messie, Fils de Dieu, c’est sa parole qui sera réduite au silence et qui ressuscitera. L’existence, la présence et le témoignage de Jésus dans l’histoire humaine sont un sacrement qui nous ouvre les yeux, tous nos sens et notre intelligence à ce travail de Dieu pour nous garder libres d’aimer comme Lui.