Scola A. (Il "caso serio" dell’amore)

jeudi 1er janvier 2004
par  Alain Mattheeuws

A. SCOLA, Uomo-Donna. Il « caso serio » dell’amore, Gènes/Milan, Marietti, 2002.

Ancien Recteur de l’Université Pontificale du Latran et Président de l’Institut Pontifical Jean-Paul II pour le mariage et la famille, l’auteur a développé longuement ces dernières années sa vision anthropologique et l’originalité de sa pensée concernant le mystère nuptial « Homme-Femme ». Il nous offre en ce nouveau petit livre une belle synthèse de ses recherches. Il s’agit, à la suite de la parole célèbre de Husserl, de « retourner aux choses en soi » et de rendre raison à la réalité de l’amour. Qu’est-ce que l’être de l’amour ? Ce que nous observons en nous a-t-il un sens « universel » et concerne-t-il ainsi tout homme et toute femme qui librement, parce que né de l’amour, s’engage à aimer ?
Le « cas sérieux » de l’amour, c’est l’examen attentif du dessein de Dieu sur la personne, le mariage et la famille et son écho avec les exigences les plus profondes du cœur humain. L’amour est-il une expérience universelle et originaire dont la vérité ne peut être blessée, perdue, trouvée sans que l’homme dans son identité en soit touché ? Dans la vérité de l’amour se trouve lové tout le sérieux de l’homme, son présent et son avenir.
La première partie déploie le lien intersubjectif de l’homme : cette relation « je-tu » qui passe par la différence sexuelle, expression singulière de l’altérité, qui s’offre à travers le corps, qui se déploie dans le bonheur. Les considérations sur le bonheur montrent la place de la liberté. La promesse d’une « totalité » s’enracine dans le dynamisme du désir et de la responsabilité (ou tâche = compito).
La deuxième partie dessine l’expérience et l’exigence du « Je t’aime ». La trajectoire est celle du désir qui mène à l’amour dans l’assomption de l’autre, l’amour qui est « de soi » vers l’autre et qui apprend à se recevoir de la Trinité. La promesse issue de l’amour : construit pour toujours un lien, stable, public et fidèle. La faiblesse et de la vulnérabilité de l’homme ne sont pas esquivées. La fécondité de l’amour s’inscrit dans une asymétrie de la sexualité humaine pour trouver son sens dans le don et le bonheur, dans un lien indissoluble entre la sexualité et la procréation. Les parents et les enfants sont le visage concret du « mystère nuptial » qui régit l’être personnel.
Chaque chapitre est accompagné de quelques pages d’un dictionnaire et d’éclaircissements sur des débats en jeu. L’écriture est ferme et claire. Elle dévoile aisément les enjeux et conduit avec bonheur aux options anthropologiques principales : le sujet naît toujours à l’intérieur d’une relation. « J’ai mon origine d’un autre », l’altérité est constitutive de mon être et l’amour est le chemin de l’altérité qui permet à tout homme de s’accomplir.

A. Mattheeuws dans NRT 126 (2004-1) 150.