Muyengo S. (Mystère du Christ)

lundi 1er février 1999
par  Alain Mattheeuws

PRÉFACE

« Dieu au-delà de tout créé,
Nous ne pouvions que t’appeler l’inconnaissable.
Béni sois-tu pour l’autre voix
Qui sait ton nom, qui vient de toi,
Et donne à notre humanité
De rendre grâce » (D. Rimaud)

Celui que les peuples de la terre ont cherché et cherchent encore, nous révèle son visage à travers la personne de son Fils Jésus, né d’une femme. Cet homme dont l’histoire témoigne de l’existence est de Nazareth, en terre d’Israël. La singularité de sa vie et de son message ont traversé les frontières du temps et de l’espace. Depuis 2000 ans, le Christ est vivant dans le cœur des hommes de toutes langues, peuples et nations. Etrange destinée de cet homme et de sa parole de vérité et de liberté ! L’universalité de la Bonne Nouvelle dont il a témoigné parmi nous est gage de sa vérité. Jésus est bien l’unique sauveur. Il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6) pour tous ceux et celles qui mettent leur foi en Lui. Le Christ appartient à tous en se donnant à tous. Il est pour tous : les pauvres et les riches, les malades et les bien-portants, ceux qui ont pu étudier et ceux qui n’ont pu le faire, ceux qui ont appris à Le connaître et ceux qui le cherchent encore.

Combien d’écrivains et de poètes ont-ils cherché à décrire le visage du Fils de Dieu ! Combien d’hommes et de femmes ont-ils cherché à saisir et à aimer ce visage du Bien-aimé ! Parler du Christ, c’est parler d’amour et avec amour. Comme les rois mages, nous avons tous à nous approcher de Jésus pour le regarder, lui offrir nos présents, et lui ouvrir notre « coffret » le plus intime, c’est-à-dire notre cœur comme le souligne si bien l’abbé Sébastien Muyengo.

Dans cette période qui nous prépare au Jubilé de l’An 2000, l’Eglise nous invite à scruter le visage du Christ et à entrer dans le mystère de la « sainte Face ». Ce visage nous est révélé de manière particulière dans les saintes Ecritures qu’il est bon de lire et de relire à chaque génération. Grâce à l’abbé S. Muyengo, nous allons directement à l’essentiel du mystère du Christ. Nous avons été appelés par Jean-Paul II à cheminer spirituellement en Eglise pour célébrer l’anniversaire de la naissance du Fils de Dieu parmi les hommes. Grâce aux méditations de l’auteur, nous rencontrons l’unique Verbe de Vie. Nous contemplons le Christ dès sa naissance et le suivons jusque dans la gloire de son Père. Cette démarche, fidèle à la tradition médiévale et aux appels de Vatican II, se conclut en référence à la foi professée dans le Credo. Le commentaire final des principales affirmations dogmatiques concernant le Christ fait écho et couronne, en quelque sorte, les diverses contemplations proposées.

Cette réflexion nous enrichit : elle nous place en effet devant le mystère central de notre foi en la personne du Christ. Ce Christ est toujours uni aux personnes du Père et de l’Esprit : « Qui m’a vu, a vu le Père » (Jn 14,9), répond Jésus à Philippe qui l’interroge. Mu à chaque instant par l’Esprit d’amour, le Christ mène sa vie et accomplit la volonté de son Père. La lecture de ces pages nous permet de mieux comprendre la richesse de l’insondable Trinité. Par ailleurs, si le Christ peut être aimé par les Africains comme le Proto-ancêtre, « le premier ancêtre sur qui tous se réfèrent », n’est-ce pas parce qu’il est, comme le dit saint Paul, à la fois le Nouvel et le Premier Adam (Rm 5) ? En Lui, c’est l’homme par excellence dans toute sa beauté et sa dignité que nous pouvons aimer et admirer. Cette « humanité de l’homme », si chère à l’auteur, n’est pas une réduction de sa divinité. Elle souligne l’importance de notre engagement à aimer l’homme dans notre vie quotidienne.

Le Christ nous dit ce qu’est l’homme, et il nous rappelle en même temps son « étrangeté » et sa différence dans le monde du créé. Parler du Christ, c’est toujours affronter l’« étrangeté » de sa personne, vrai Dieu et vrai homme, et également percevoir la particularité du Christianisme dans le concert des religions. Dans le contexte ecclésial du Jubilé de l’An 2000 et des rencontres interculturelles qu’il suppose, c’est une grâce à saisir. Que chaque continent puisse louer Dieu en Jésus Christ, célébrer la beauté de sa présence en notre histoire, accepter la radicalité de son appel à la conversion. Pour chaque lecteur, pour chaque communauté qui se tourne vers le grand Jubilé de l’An 2000, il s’agit de ne pas passer à côté de la question centrale de l’Evangile : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16,15).

Il nous reste à souhaiter que la réflexion personnelle suscitée par ce livre puisse se poursuivre dans la prière et que chacun d’entre nous puisse encore chanter avec D. Rimaud les litanies du Sacré-Cœur de Jésus, Fils de Dieu et Frère des hommes.

« Nom de Jésus
Plus beau que tous les noms,
Le nom qui nomme Dieu,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus
Qui dis le cœur de Dieu,
Plus grand que notre cœur,
Pitié pour nous ! »

« Nom de Jésus
Qui blesses notre cœur
Et creuses tout désir,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus
Qui calmes toute soif
Et combles toute faim
Pitié pour nous ! »

Alain Mattheeuws s.j.
Institut d’Etudes Théologiques
Bruxelles