Saint Bonaventure 15 juillet. Is 10, 5-16 ; Ps 93, 5-15 ; Mt 11,25—27
L’Evangile nous rappelle la louange de Jésus : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange ». Une des interprétations pourrait être celle-ci : « je te rends ce qui est à toi, ce qui te revient ». « Je dis en vérité ce que tu es car telle est ma mission ». Rendre à Dieu ce qui est à Dieu : il est le créateur, il est le sauveur, il est le maître de tout. Sans lui, il n’y a pas vie, pas d’histoire, pas de sens dans ce que nous vivons. Quel est ce secret réservé aux tout-petits ? Ce que Jésus leur dit au cœur : il est le fils de Dieu. Par Lui nous allons vers le Père. La porte étroite c’est lui. Ce secret est le motif premier de toute louange. Nous y sommes conduits dans l’eucharistie par le Christ lui-même à la fin de la prière du canon : « par lui, avec lui et en lui ». En regardant le Christ, en communiant, nous goûtons la louange car nous sommes menés au Père des cieux.
Sans le Seigneur, notre louange est vide. Notre action n’a plus de sens. Notre force devient notre faiblesse. C’est ce que rappelle le prophète Isaïe de manière ferme au pouvoir en Israël. Le roi Assur est sûr de sa puissance. Il ne collabore plus avec le Dieu d’Israël. Il fait bande à part. Tout le mérite de la guerre lui revient. Dieu n’a plus de place dans son histoire. Et les paroles du prophète le ramènent à l’humilité : elles sont magnifiques et originales : « le ciseau se glorifie-t-il aux dépens de celui qui s’en sert pour tailler ». Ce qui est créé, peut-il prendre la place du Créateur ? Demandons la grâce de rester à notre place et de louer le Seigneur en tout temps et en tout lieu. Ou comme le dirait saint Ignace : « l’homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur ».