Homélie 28 mars. Ez 37,21-28 ; Jr 31,10-3 ; Jn 11,45-57
Le prophète nous indique l’œuvre du salut du Seigneur. Il nous conduit à l’espérance. Les repères de ce salut en action sont bien visibles dans le texte. Dieu rassemble son peuple et le ramène sur leur terre. Il en fait une nation unie. Ils quitteront leurs péchés, ils seront purifiés. C’est un tout chemin à faire et qui prend du temps dans l’histoire du salut. Et la formule d’alliance rappelle un lien particulier : « Alors ils seront mon peuple et moi, je serai leur Dieu ».
Avoir une terre, un roi juste, entrer et rester dans une alliance de paix : une alliance qui dure, une alliance éternelle. Et recevoir cette grâce à la fois sociale et personnelle de cette présence divine : « Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple ». Que Dieu soit intime à un peuple, à une personne, est un bonheur. Ce n’est pas un signe qu’il rejette d’autres liens. L’alliance a une visée universelle : toutes les alliances humaines sont des lieux de paix où Dieu peut demeurer. Et ces critères de présence de Dieu aux hommes sont des lumières pour nos vies traversées de désespérance, de luttes et de combats. Être un artisan de paix disait St François d’Assises, c’est incarner une présence divine dans l’histoire humaine.
Saint Jean nous décrit les agitations qui précèdent la Pâque et qui suivent le récit de la résurrection de Lazare. Les faits sont tellement forts qu’ils ébranlent l’affectivité et la raison des juifs. Poser un tel acte, c’est pour Jésus donner un signe fort de sa messianité. Il ressuscite les morts, il se dit « fils de Dieu », il appelle ses contemporains à renouer en vérité avec le roi de l’univers, leur Dieu unique. Prenons acte de l’aveuglement des pharisiens et demandons de le comprendre pour ne pas faire comme eux. Il s’agit de reconnaître comment Dieu est fidèle à son alliance d’une manière incontournable et définitive en la personne de son Fils. Nous sommes conviés à l’aube de cette semaine sainte à entrer dans une foi profonde : qui est le Christ pour nous ? Que vient-il sauver ? La prophétie du grand-prêtre rejoint-elle nos peurs de suivre Jésus et de mourir quelque part avec lui ?