Jeudi 21 août. Juges 11, 29-39 ; Ps 39 ; Mt 22,1-14
La première lecture nous livre un récit dramatique puisque Jephté en vient à offrir son unique fille en sacrifice pour remercier Dieu de sa victoire contre les fils d’Ammone. On se dit avec raison : quel gâchis ! Jephté lui-même s’en rend compte douloureusement : « J’ai parlé trop vite devant le Seigneur, et je ne peux pas reprendre ma parole ». Cet épisode nous convie à voir l’importance de la parole : d’une part les promesses faites à Dieu doivent être justes. Le Seigneur ne demande pas de sacrifices humains. Et d’autre part, un engagement face au Seigneur doit respecter celui que l’on veut honorer. L’homme peut se tromper et si cela arrive, il doit reprendre sa parole. En fait, la parole entre Dieu et l’homme doit être inspirée du bon esprit : il est bon qu’elle soit pesée, mesurée, discernée, ajustée au temps et au lieu. Si elle vient de Dieu, elle doit correspondre au mystère de Dieu révélé. Le psalmiste l’a découvert : « tu ne voulais ni offrande ni sacrifice. Tu as ouvert mes oreilles. Tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « voici, je viens » ». La parole humaine et divine est toujours de l’ordre de l’inspiration. Même le sens littéral n’est jamais totalement matériel.
Dans l’Evangile, Jésus parle du Royaume et de l’invitation qui nous est faite d’entrer dans la fête et le banquet qui symbolisent ce Royaume. Il est paradoxal de constater que beaucoup d’invités ne répondent pas à cette invitation. Ils n’en ont ni le temps ni l’envie. Les excuses sont nombreuses. Elles sont souvent les nôtres encore aujourd’hui car nous n’avons pas le temps pour ce qui est essentiel. La valeur et la grandeur de cette invitation ne sont pas perçues. Pour beaucoup, c’est une manière de refuser d’entrer dans ce royaume et de refuser le lien avec une Altérité qui les dépasse. Le désir du Roi est d’inviter et de faire participer à sa joie tous ceux qui sont sur le chemin de la vie. Entrer dans ce Royaume, c’est accepter l’invitation mais aussi revêtir le vêtement de noces. Reconnaître que le Roi est le roi, que nous sommes invités à vivre en sa présence est un enjeu de notre existence. Cherchons donc à revêtir l’habit de fête non seulement pour ce banquet mais aussi pour la vie ordinaire dans le Royaume.