Homélie du 17 mars 2026. Ez 47,1-2 ; Ps 45, 2-10 ; Jn 5,1-16
Dans un pays semi-désertique, l’eau est plus une bénédiction et une richesse que dans d’autres régions. Les tempêtes sur le lac de Galilée sont dangereuses, mais les pluies de printemps sont l’espérance de culture et d’élevage possible. Dans la prophétie d’Ezéchiel, l’eau qui jaillit du Temple révèle directement son origine : elle vient du créateur pour irriguer la terre et devenir le signe d’une présence divine. Elle vient du sanctuaire. Que le prophète soit appelé à la traverser quand elle jaillit ou à accepter de ne pas pouvoir finalement franchir le torrent qui surgit de la Maison de Dieu, est la preuve que tout vient de Dieu et que cette eau est bienfaisante. Elle jaillit et désaltère la Création. Elle dépasse toute imagination. Elle transforme la mer morte et lui donne de s’ouvrir à la vie. L’eau renouvelle l’état de grâce de la Création. Elle fait du bien et le prophète sera heureux dans le psaume de prononcer un message de bienveillance et de restauration de la terre des hommes : « Il est avec nous, le Seigneur de l’universel, citadelle pour nous, le Dieu de Jacob ». L’eau qui vient de Dieu fait renaître la terre d’Israël et donne vie au peuple de Dieu.
L’eau est un symbole puissant. Bien sûr, il peut signifier la mort dans la tempête, le danger de ces tempêtes. Mais l’eau non seulement a des vertus de purification mais aussi de guérisons. Dans la piscine de Bethzatha, elle est le lieu où lorsqu’elle est agitée par l’Esprit, celui qui s’y plonge peut guérir. Dans le récit d’aujourd’hui la plainte du malade est d’être laissé seul et toujours en retard pour s’y plonger. Face au Christ, il découvre que quelqu’un prend soin de lui. Et que cette personne inconnue l’écoute et le guérit. Plus besoin de plonger dans la piscine, mais l’accueil de sa Parole d’autorité et de l’action de l’Esprit suffisent. Dans un autre contexte que celui de l’aveugle né, Jésus nous indique « qui il est ». Il réalise les bénédictions de l’eau du Temple et étend sa bienveillance non seulement par l’eau du baptême mais dans la puissance de l’Esprit qui fait toutes choses nouvelles. La pédagogie de Jésus est celle de purifier, de pardonner les péchés, de soigner et surtout de guérir. La fluidité de l’eau et la présence de l’Esprit sont les signes de son action divine dans la vie ordinaire de ceux qui attendent tout de Dieu.