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Vite, réponds-moi Seigneur

La porte étroite

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Dimanche 24 août 2025

La porte étroite


Homélie dimanche 24 août 2025. Is 66,18-21 ; Ps 117 ; He 12, 5-13 ; Lc 13,22-30

Le prophète Isaïe promet des jours de joie : le retour des Fils d’Israël à Jérusalem. « Je rassemblerai toutes les nations, de toute langue ». Ce désir de rassemblement est voulu par le Seigneur. Il s’agit que tous voient à nouveau sa gloire : sa puissance d’amour manifestée à tous et pour tous. C’est la vocation du peuple d’Israël : dire la grandeur de Dieu. Le peuple d’Israël a cette mission. Un signe est promis pour rappeler à tous le désir de Dieu de rassembler tous les peuples en Lui. Le Prophète manifeste clairement combien Dieu nous veut tous auprès de Lui. Cette gloire n’est pas qu’un petit feu de paille : elle remplit l’univers créé par Dieu et sauvé en Jésus Christ.

Un sens est ainsi donné à l’histoire humaines : se retrouver en Dieu, habiter sa maison, sa montagne sainte. Tout ne se fait pas en un jour entre les peuples : les conflits et les désastres naturels en sont la preuve. Et pourtant Dieu n’abandonne personne dans sa route sur la terre. Parfois, dit saint Paul, il est comme un père : il rectifie et corrige ses enfants. Ses leçons de l’histoire à travers les reproches de Dieu aux siens, sont la preuve que Dieu prend toujours souci de l’humanité. La Parole de Dieu est toujours une parole de réconfort, même si elle est dure à comprendre ou à entendre et à vivre. « Si vous êtes découragés et sans force, tournez-vous vers le Seigneur », il fera la vérité dans vos vies. Cette attitude filiale apporte la paix et la justice. Pour continuer à marcher, il faut crier vers Dieu : redresses les mains inertes et les genoux qui fléchissent. Marcher, c’est rester debout à travers les épreuves en comptant sur Dieu : en levant ses yeux et ses bras vers Lui.

Ces paroles de consolation et d’encouragement sont bien nécessaires dans toute vie humaine. Les conflits, les trahisons, les échecs, les souffrances sont une réalité ordinaire de la vie humaine. Nous nous heurtons souvent au mal présent autour de nous et en nous. Nos désirs peuvent être immenses, infinis, magnifiques, mais le mystère de la mort reste l’horizon de nos actions. Se mettre à la suite du Christ et le rester toujours et pour toujours, peut nous sembler au-dessus de nos forces. « Nul n’est parfait, n’est-ce pas madame ? » Mais alors comment être sauvés ? Comment en avoir l’assurance ? Comment rejoindre le Christ dans sa gloire éternelle ?

Cette question centrale dans l’Evangile d’aujourd’hui ne met pas en doute la parole de Dieu, son amour tout-puissant, et son désir de nous rassembler non pas dans la Jérusalem terrestre, mais dans la Jérusalem céleste. Si l’on cherche à calculer le nombre des élus, on prend déjà la place de Dieu et on limite l’ampleur de sa grâce. Si l’on cherche à être sauvé, la réponse de Jésus peut nous aider. Il nous dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas ». Jésus serait-il pessimiste ou trop réaliste sur la condition humaine ?

Ses disciples peuvent percevoir que suivre Jésus n’est pas facile. Les « renards ont des terriers, mais le Fils de l’homme n’a pas de pierre où reposer sa tête ». Les béatitudes sont un chemin de bonheur, mais elles sont exigeantes et parlent également d’insultes et de persécutions. Peut-être ne suffit-il pas seulement d’écouter l’enseignement du Christ, de manger et de boire en sa présence pour croire en sa divinité et en son appel décisif ?

Cette porte étroite n’est pas une « petite porte » dans les murs de Jérusalem. Bien sûr, en la basilique de la Nativité, la porte d’entrée est fort basse. Elle a été conçue pour empêcher tout cavalier d’entrer dans le lieu de prière. Les soldats doivent mettre pied à terre pour y entrer. La basilique ne peut pas être un lieu de combat mais un lieu de paix. La porte basse et étroite, c’est la porte de l’humilité et non pas celle de l’arrogance, la porte de celui qui n’est pas attaché par des choses ou des bagages, la porte de la discrétion et du respect. Il convient de se désencombrer pour franchir cette porte.

Cette porte étroite n’est pas accessible facilement. Mais son existence rétablit la vérité des choses. Elle pousse les êtres humains à se conduire comme des créatures et ne pas prendre la place de Dieu. Jésus dit à ceux qui l’interrogent qu’ils ne peuvent pas se sauver par eux-mêmes, mais il leur faut consentir au don que seul Dieu peut leur faire. Le salut n’est pas une œuvre humaine, mais une œuvre de Dieu. Être appelés au salut, c’est suivre le même chemin que celui de Jésus qui est en train de monter à Jérusalem et qui sauvera le monde en son corps et en son sang versé pour tous les peuples. Pour passer par la porte étroite, Jésus nous dit qu’il faut l’imiter et le suivre, et prendre le même chemin que le sien : celui du don total de soi pour le salut du monde. En parlant du bon berger, n’a-t-il pas dit aussi qu’il était la porte des brebis.

Ainsi d’une image à une autre, nous pourrions mieux comprendre ce qu’est la porte étroite par laquelle nous sommes invités à passer. Ces images nous centrent sur le Christ. Nous sommes appelés à voir cette porte dans le côté de Jésus sur la croix. La lance a touché son cœur : de son cœur jaillissent du sang et de l’eau. Passer par la « porte étroite », c’est consentir à entrer dans le corps du Christ par la blessure de son cœur. La porte étroite, c’est se laisser glisser dans la blessure de son cœur et ainsi y trouver la source de la vie éternelle.

Entrer par la porte étroite, c’est accepter un renversement de perspective : « les derniers seront premiers, et des premiers seront derniers ». La suite du Christ ouvre l’humanité à un horizon sans limites. Mais pour goûter ce salut en Lui, il nous faut passer en son cœur transpercé et vivre son expérience avec Lui.

La porte étroite

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