Homélie du 26 avril 2026. Ac 2, 14-31 ; Ps 23 ; 1 P 2, 20-25 ; Jn 10,1-10
L’enseignement de Pierre à la Maison d’Israël est ferme et joyeux. Ce Jésus crucifié, dit-il, est bien le Seigneur et le Christ, le Messie. Il faut donc se convertir : se laisser baptiser dans sa mort et sa résurrection. Les auditeurs sont touchés au cœur et s’écrient : « Que devons-nous faire » ? La réponse liturgique aujourd’hui est la suivante : suivre le bon berger. Le psaume 23 nous le redit : « le bon berger mène vers les eaux tranquilles et nous fait revivre ». Le souhait final s’énonce ainsi : « j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours ». L’offrande du Règne est l’aveu libre et conscient que notre bonheur est dans le don total de nos vies à la personne du Christ.
En ce dimanche des vocations, l’évangile nous rappelle le centre de nos vies : cette personne du Christ qui prend soin de son troupeau comme un bon berger, comme un beau berger comme le « beau capitaine » des « étendards ». Suivre le Christ, c’est prendre conscience qu’il est proche de nous, qu’il prend soin de nous, qu’il nous emmène avec Lui. Parmi les milliards d’être humains, la parole de Dieu nous rappelle que le Christ nous connaît personnellement, par notre nom. Ignace nous le dit dans les Exercices : nous avons tous une relation immédiate avec notre Créateur et notre Sauveur. L’accompagnateur est au service de cette relation : il mène au seul et unique Berger de nos âmes. Ecouter le bon berger, le suivre, c’est rester dans une alliance solide. Cette relation n’est pas purement inconsciente : elle advient à nous dans le cœur, dans les sens, dans nos facultés. En fait, par l’Esprit saint, nous avons appris à reconnaître la voix du bon berger. Le Christ n’est pas muet. Il est le logos, la parole faire chair. Cette parole retentit en nous : nous sommes rendus capable d’en prendre conscience. Nous sommes aptes à répondre au Bon berger : nous sommes capax Dei. Mais il y a une part d’apprentissage dans cette écoute de l’appel du Christ. Tout comme l’enfant Samuel, il nous faut dire et redire : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ».
La figure du bon berger est enrichie par celle de la porte : « je suis la porte des brebis ». Entrer dans le mystère de Dieu, connaître le sens de nos vies, c’est passer par le Christ. Il est l’incontournable. Il est celui qui nous introduit dans la vraie bergerie. Il nous conduit dans l’Eglise vraie. Sans le Christ, nous ne pouvons rien faire, rien décider, rien discerner en vérité. Parmi les titulatures évangéliques de Jésus, il dit aussi qu’il est « le chemin, la vérité et la vie ». Nous n’inventons rien par nous-mêmes. Nous écoutons librement, nous implorons sa lumière, ses dons, son appui. Une porte est faite pour être franchie : entrer et sortir. Entrer dans la grâce de la bergerie qu’est l’Eglise, en sortir pour partir en mission. Nos allers et venues sont « dans le Seigneur » : aller et venir dans la peine, le travail, la pauvreté d’une vie pour être avec Lui dans la gloire et la consolation. « Nous qui étions errants comme des brebis, nous sommes revenus vers le berger qui veille sur nous » dit Pierre : telle est la joie reçue après la première semaine. A présent il convient de regarder le Christ et de vivre comme Lui, à sa suite. Il nous faut faire sa volonté en la cherchant avec précision et avec force. Notre cœur est prêt à tout : la suite du Christ est une obéissance à sa volonté de salut. Il est le berger. Il est la porte. En lui, la paix de notre cœur. Son amour et sa grâce nous suffisent et remplacent tous nos projets de vie.