Le 7 août 2025. Nb 20,1-13 ; Ps 94,1-9 ; Mt 16-13-23
Dans sa marche au désert vers la Terre promise, le peuple d’Israël vit des moments de joie et de peurs, des consolations ou des désolations. Aujourd’hui, nous participons à un moment de colère, de récriminations, de murmures contre Dieu et contre Moïse. Pour les Hébreux suivre Dieu, c’est en quelque sorte aller à la mort. Pourquoi avoir quitté la sécurité de l’Egypte pour le désert et le manque d’eau ? Il nous arrive aussi des pensées dans lesquelles nous regrettons d’avoir pris telle ou telle bonne décision : le doute s’installe, le regret nous mine. Moïse et Aaron se tournent vers le Seigneur pour lui demander quoi faire. A nous de faire comme eux. C’est le signe du rocher qui sera donné à tous.
Le rocher, c’est ce qui est stable et qui donne de l’assurance, parfois de la hauteur. Le rocher est symbole de la force et de la solidité. Moise est invité à frapper le rocher pour en faire jaillir de l’eau. Le Seigneur n’est pas à une contradiction près ! Du rocher frappé par Moïse jaillit de l’eau, signe de vie. De ce qui est sec et nu, jaillit l’eau nécessaire à la vie. Ce seront les « eaux du défi ». Dieu montre ainsi la cohérence de son dessein à son peuple même à travers ces apparentes contradictions. Il change les schémas et montre encore qu’il prend soin de tout. Ce paradoxe naturel déconcerte également Moïse qui s’y prend à deux fois avant de voir jaillir l’eau du salut. Sa foi a été mise à l’épreuve. « Mes pensées ne sont pas vos pensées », dit aussi le Seigneur. Les éléments et les circonstances, c.-à-d. l’espace et le temps, ont leur cohérence, mais la manière dont Dieu s’en sert dépasse nos hypothèses et nos assurances naturelles. A la suite de Moïse réjouissons-nous de collaborer avec Dieu à travers une cohérence qui nous dépasse. « Acclamons notre Rocher, notre salut », dit le psaume : observons ce qui représente le Seigneur et son action auprès de nous.
Le mystère du Christ nous dépasse. Pierre en fait l’expérience. Quelle est la vraie identité de Jésus ? Va-t-il vraiment nous sauver ? Par le Père qui est dans les cieux et non pas par la chair et le sang, Pierre proclame sa foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Et le Seigneur reconnaît cette proclamation et y voit la mission de Pierre, rocher des apôtres. Il lui confie son Eglise et les clés du Royaume. Il lui fait confiance car Pierre, par son prénom, est identifié à un lieu de salut et de force comme le rocher au désert. Mais lorsque Pierre prend peur et conteste le chemin de souffrance et de mort que le Christ veut suivre, il suit le chemin de la méfiance et du refus du Salut. Il hésite comme Moïse. Ses paroles ne sont pas inspirées et Jésus les récuse : « Passe derrière moi, Satan ». La traversée de la mort, au désert et sur la croix, dans nos vies et dans nos souffrances appartient à notre confiance au Dieu sauveur qui est le maître des événements et des circonstances.