Le 11 août. Ez 2,8-3,4 ; Ps 118 ; Mt 18,1-14
Le Seigneur nourrit son prophète. Il l’appelle à manger un livre sous forme de rouleau. « Fils d’homme, ce qui est devant toi, mange-le, mange ce rouleau puis va et parle à la maison d’Israël ». Voilà un geste prophétique qui dit combien le prophète est au service de Dieu et de sa parole. Le prophète parle avec ses mots mais ce qu’il a intégré, assimilé, c’est le livre divin : la sagesse même de Dieu. Ce rouleau rassasie le prophète et lui donne d’annoncer la volonté de Dieu. Ce rouleau est dans sa bouche doux comme le miel. Quelle belle image pour nous convaincre que Dieu peut atteindre notre intimité et se dire dans nos mots ! Connaître les écritures, les assimiler, les transmettre, est pour beaucoup une source de vie et un moyen adéquat pour témoigner de l’œuvre de Dieu. Réjouissons-nous de voir que l’accès à la Bible et sa connaissance se sont développés depuis le dernier Concile.
Il ne faut pas avoir fait de hautes études pour manger la parole. Il faut garder la simplicité de l’enfant. L’enfant est celui qui se fait ou reste « petit », dit Jésus à ses disciples. J’ai vu souvent des jeunes qui avaient appris à lire à l’école alors que leurs parents n’avaient pas pu le faire. Le jeune homme lisait la Bible pour son père catéchiste et la communauté des adultes qui ne savaient pas lire. Celui qui sait lire et celui qui ne sait pas lire, sont des enfants aimés du Père. Ils mangent ensemble la parole de Dieu. Simplicité et humilité font bon ménage dans l’accueil de la Parole.
La grâce de Claire a été de rejoindre celle de François et de trouver la joie et le bonheur dans une parole amicale et fraternelle. Claire a quitté les richesses de sa classe sociale. Cette noble et belle jeune fille a rejoint le Seigneur en faisant confiance au pauvre d’Assise qui avait quitté le commerce de son père pour « épouser Dame pauvreté ». Le lien qui les unissait n’était pas romantique, mais la simplicité et la parole étaient le centre de leurs échanges fraternels. Cet échange était tellement intense qu’il brûlait leurs cœurs et laissait croire qu’un incendie naissait de leur rencontre. Mangeons, nous aussi le livre aux pages scellées.