Homélie du 10 mars. Dt 4,1-9 ; Ps 147,12-20 ; Jn 6,63-68
La promesse et l’entrée en Terre Promise sont accompagnées d’un autre don que Moïse transmet à son peuple de la part de Dieu. Ces décrets et ces ordonnances ne sont pas de nouvelles chaînes d’esclavage. Les garder et les pratiquer font partie de la vie nouvelle proposée dans une terre nouvelle : « ils seront votre sagesse et votre intelligence ». Ils manifestent la proximité de Dieu, sa justice concrète. Nous peinons régulièrement à comprendre qu’une Loi peut nous sauver et nous aider à être heureux. Il faudra attendre que la Loi devienne la personne même du Christ. Nous sommes souvent comme frustrés par l’apparition d’un nouveau commandement. Le plus souvent à raison, car les lois « positives » et formelles sont « positives » mais il y en a trop. Parfois il n’y a plus moyen de les connaître toutes et de les observer.
Mais quand Jésus parle de la Loi, il nous signifie d’abord une loi de vie, une loi de la création, une loi naturelle. Elle est offerte par Dieu. Pour le peuple Juif, elle est comme confirmée dans un monde de péché pour donner une direction. Dieu demande à son peuple d’y être fidèle pour en témoigner. Les commandements du Sinaï ont un caractère religieux et révélé. Jésus va accomplir parfaitement en sa personne cette Thorah. Il n’est pas venu abolir la Loi ou les prophètes, mais « accomplir ». Qu’est-ce qu’il apporte de nouveau ? Son témoignage d’abord car il est le seul qui unifie en sa personne le « dire » et le « faire ». Sa parole est un acte. Sa parole est un acte qui unifie tout en Lui. Il nous invite à entrer dans un processus d’unification comme Lui le vit. Ainsi le regarder agir et l’écouter parler dans les évangiles nous aident à accomplir la Loi. Il ne s’agit pas d’être parfait, mais il s’agit de le suivre, de le regarder et de faire sa volonté. C’est pourquoi l’Eglise nous invite à chercher la volonté de Dieu pour l’accomplir et ainsi observer le don de la Loi en nous.