Homélie du 2 mars ; Daniel 9,4-10 ; Ps 78, 5-13 ; Lc 6,36-38
Le prophète Daniel nous invite non seulement à un examen de conscience mais à l’aveu de nos fautes : « Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal… » Cette prise de conscience vient du cœur, mais passe par les mots de l’homme. Le langage exprime avec précision les actes qui ont manifesté notre rupture et notre éloignement du Seigneur. « A toi, Seigneur, la justice, à nous la honte au visage ». La honte est ressentie : elle est un signe des infidélités de l’homme. Elle accompagne le plus souvent l’aveu des fautes et la mémoire de notre éloignement du Seigneur. Car le péché n’est pas un accident ni une erreur, c’est une « révolte » contre Dieu. Dès lors, tout aveu est un abandon à la miséricorde et au pardon du Seigneur. L’aveu est un antidote à la rébellion.
Cet aveu devient dans le psaume d’aujourd’hui un appel à l’aide : « Aide-nous, Dieu notre sauveur pour la gloire de ton nom ! Délivre-nous, efface nos fautes, pour la cause de ton nom ». Cette réconciliation avec Dieu, lui seul peut nous l’accorder. Lui seul peut nous changer. Et nous le souhaitons en le lui disant et en espérant retrouver un cœur rempli de joie et d’action de grâce.
Cette miséricorde que nous attendons du Seigneur, est la trame de notre vie relationnelle. Car le « tout miséricordieux » attend que nous le soyons dans toutes les relations humaines. Nous ressemblons à Dieu quand nous ne jugeons pas, ne condamnons pas et particulièrement quand nous offrons le pardon. « La mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous ». Ainsi le texte nous invite-t-il à entrer dans une dynamique divine de pardon : dynamique qui nous dépasse, dont la source est dans le Seigneur que nous honorons. Jésus confirmera cette attitude en répondant à ses disciples : « je ne vous dis pas de pardonner 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois » : c’est-à-d. toujours, à l’image de ce que Dieu fait.